Perdre le contrôle

Vivre avec une algodystrophie, les premiers jours – chapitre 2

Pour lire le début de mon histoire, c’est ici.

C’est profondément ce qui me touche le plus dans ma situation actuelle, surtout que le besoin de contrôle fait vraiment partie de moi. L’algodystrophie chamboule tout et c’est difficile de l’accepter. En prendre conscience est déjà un premier pas vers cette acceptation je pense, mais n’empêche que ce sentiment d’être abandonnée par moi-même ne me quitte pas.

Go l’algo !

Vivre avec une algodystrophie, les premiers jours – chapitre 1

Pour lire le début de mon histoire, c’est ici.

Le verdict est tombé. J’ai donc une algodystrophie au pied droit. Ça ne fait que quelques jours que ce drôle de nom m’a été révélé mais j’en suis déjà à l’appeler «mon algo», petit surnom que je lui donne comme de nombreux autres malades, dans l’espoir de mieux l’apprivoiser.

J’ai beaucoup lu et questionné et j’ai déjà l’impression de tout savoir à son sujet et en même temps je réalise que c’est parce qu’on ne connait pas grand chose à cette pathologie que je crois maitriser le sujet si rapidement.

Le pied de Barbie

Comment l’algodystrophie est arrivée dans ma vie – chapitre 3

Pour relire le chapitre 2, c’est ici.

Progressivement, les douleurs s’installent. J’ai ce mauvais pressentiment que quelque chose ne va pas et je questionne beaucoup (trop ?) les deux infirmières qui se relaient tous les jours pour m’injecter un anti-coagulant, dans le cadre de la prévention des phlébites puisque je suis immobilisée.

Presque un mois après l’opération, mon pied est toujours gonflé, rouge et chaud, ma peau a l’air d’être du parchemin et j’ai un hématome douloureux sous la voute plantaire. A la vue de ces signes cliniques et surtout de mes réponses toujours identiques à la question « ça va aujourd’hui ? », à laquelle la phrase « j’ai mal, très mal » se succède inlassablement, une de mes infirmières commence à s’inquiéter.

« Le loup de Wall Street » sous morphine

Comment l’algodystrophie est arrivée dans ma vie – chapitre 2

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Direction le bloc

Je me retrouve le 16 octobre au matin, dans une sublime blouse bleue de patient d’hôpital et un slip jetable assorti. J’ai la chance d’être emmenée au bloc en quelques minutes, car la panique commence progressivement à s’installer. Allongée sur le brancard, les larmes me montent aux yeux, je repense à ma dernière anesthésie générale à l’adolescence et envisage tous les pires scénarios possibles, bref je ne suis pas bien. «Je ne me suis pas fait opérée depuis 2000» dis-je maladroitement aux infirmiers qui m’accompagnent dans l’ascenseur. Une timide et ridicule justification de l’état d’anxiété dans lequel je suis alors même que je me sais bien entourée médicalement parlant.

Le début de la fin

Comment l’algodystrophie est arrivée dans ma vie – chapitre 1

Les collants troués

Si je remonte toute l’histoire depuis son commencement, ça me mène à ma plus tendre enfance, où ma mère m’accompagnait chaque matin à pied à l’école et où les jours sans chute sur ce court trajet étaient exceptionnels. Trouant tous mes collants en laine à force de tomber sur les graviers, j’ai passé une grande partie de ces années par terre, à pleurer parce que je ne pouvais faire deux pas sans me casser la gueule ou à gratter sans arrêt mes croutes aux genoux que j’ai dû avoir sans discontinuer de mes 3 à mes 12 ans.