Le début de la fin

Comment l’algodystrophie est arrivée dans ma vie – chapitre 1

Les collants troués

Si je remonte toute l’histoire depuis son commencement, ça me mène à ma plus tendre enfance, où ma mère m’accompagnait chaque matin à pied à l’école et où les jours sans chute sur ce court trajet étaient exceptionnels. Trouant tous mes collants en laine à force de tomber sur les graviers, j’ai passé une grande partie de ces années par terre, à pleurer parce que je ne pouvais faire deux pas sans me casser la gueule ou à gratter sans arrêt mes croutes aux genoux que j’ai dû avoir sans discontinuer de mes 3 à mes 12 ans.

Puis l’adolescence est arrivée, toujours aussi chancelante puis les entorses à répétition, notamment la plus importante d’entre elles, lors d’un cours de sport optionnel en seconde. Et bien évidemment, ce n’est pas en faisant un sublime saut au cheval d’arçon que ma cheville droite s’est dérobée mais bien en marchant, simplement, sur le tapis de gym. La honte.

Pas de plâtre mais un strapping, béquilles quelques semaines, aucune rééducation, je pense que le début des ennuis sérieux date de cette entorse qui n’a pas été correctement prise en charge et soignée. Depuis, la symphonie des chutes sur terrain plat a continué, amusant mon entourage et même moi, je l’avoue, devenu le personnage de «la fille qui ne sait pas marcher». Le moindre caillou, puis gravier, puis gravillon puis grain de sable me fait chanceler le pied droit, allant de la simple foulure à l’entorse.

L’entorse de trop

Février 2017, Grenoble, sortie de restaurant, je me tords la cheville droite là encore sur terrain plat, à deux pas du tramway que je souhaitais prendre. J’ai très mal, je serre les dents, rentre me coucher en prenant soin de surélever ma cheville, appliquer du froid et de la pommade. Mais la douleur empire, ma cheville enfle, je manque de m’évanouir de douleur au milieu de la nuit lors d’une tentative de me déplacer à cloche-pied aux toilettes.

Lendemain matin, direction les urgences munie de bâton de ski gentiment prêtés par ma belle-mère pour faciliter mes quelques pas jusqu’à la clinique. Je suis immédiatement accueillie, assise en fauteuil roulant et je patiente avec mon oeuf violet sur la malléole. Après un entretien avec le médecin des urgences et une radio de contrôle pour éliminer le diagnostic de fracture, le verdict tombe : j’ai une entorse grave à la cheville droite, tous mes ligaments sont rompus.

Me voici donc plâtrée pour un mois, découvrant pour la première fois l’arrêt maladie, la solitude et l’ennui, les piqûres quotidiennes d’anti-coagulant avec ce Lovenox qui semble vous brûler les entrailles juste après l’injection, le sac poubelle et le gros scotch pour se doucher…

Pour le retrait de mon plâtre, je décide de ne pas consulter un médecin généraliste mais de m’adresser à un spécialiste de la cheville afin d’en savoir plus, enfin à 28 ans, sur ce souci que j’ai de ne pouvoir retenir ma cheville droite au moindre obstacle.

L’instabilité de la cheville

Direction donc un chirurgien orthopédique à la Clinique du Parc de Lyon, où j’habite, pour me délivrer fin mars 2017 du plâtre. Après un examen clinique et quelques questions, celui-ci met enfin un nom sur ces années de chutes incompréhensibles : une cheville instable.

Je commence alors la rééducation fonctionnelle pendant… 40 séances. D’abord partie pour 20 séances, mon chirurgien voyant mes progrès et souhaitant me « donner une chance » d’éviter une opération évitable, me voilà à la rentrée de septembre avec le double de séances au compteur. La rééducation ne suffira pas et il me recommande la chirurgie afin d’éviter de fatiguer ma cheville et surtout – un mot qui fait plutôt peur quand on est à l’aube de la trentaine – l’arthrose précoce.

Au vu de l’anatomie de mon pied, en varus naturel qui facilite les entorses, on part donc – comme les candidats de Top Chef – sur une ligamentoplastie de la cheville droite associée à une ostéotomie calcanéenne de valgisation, on sort les grands mots !

Date d’opération prévue : le 16 octobre, journée mondiale contre la douleur…

Pour lire la suite, c’est ici.

Presque la trentaine, algodystrophiée de la cheville since 2017.
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