Le pied de Barbie

Comment l’algodystrophie est arrivée dans ma vie – chapitre 3

Pour relire le chapitre 2, c’est ici.

Progressivement, les douleurs s’installent. J’ai ce mauvais pressentiment que quelque chose ne va pas et je questionne beaucoup (trop ?) les deux infirmières qui se relaient tous les jours pour m’injecter un anti-coagulant, dans le cadre de la prévention des phlébites puisque je suis immobilisée.

Presque un mois après l’opération, mon pied est toujours gonflé, rouge et chaud, ma peau a l’air d’être du parchemin et j’ai un hématome douloureux sous la voute plantaire. A la vue de ces signes cliniques et surtout de mes réponses toujours identiques à la question « ça va aujourd’hui ? », à laquelle la phrase « j’ai mal, très mal » se succède inlassablement, une de mes infirmières commence à s’inquiéter.

Elle me parle pour la première fois d’algodystrophie un dimanche soir, en me précisant qu’elle en a développée une, elle au genou, suite à une chirurgie. Avec son expérience personnelle de la maladie et ses compétences d’infirmière, elle m’annonce qu’elle a peur que je sois touchée aussi par cette pathologie et me recommande vivement de contacter mon chirurgien au plus vite.

Je me retrouve deux jours plus tard, «en semi urgence» écrira-t-il sur le compte-rendu de la consultation, dans le bureau de mon chirurgien qui pose le diagnostic très rapidement : «Vous faites une algodystrophie, ça va vous faire une belle jambe de le savoir, mais c’est extrêmement rare, vous n’avez vraiment pas de chance».

L’annonce n’est pas vraiment un choc puisque j’ai passé les presque 24h non stop précédentes à lire tout ce qu’Internet pouvait me donner comme information sur l’algodystrophie de type 1 ou son autre petit nom Syndrome douloureux régional complexe (SDRC).

Une des conséquences est que mon pied s’est bloqué en «équin antalgique», ce que je préfère appeler «pied de Barbie» à cause de cette pathologie. Je suis comme en permanence sur un talon invisible, à l’instar des poupées de mon enfance, sur la pointe du pied sans pouvoir bouger celui-ci d’un millimètre. C’est un sacré contretemps pour recommencer à marcher, car sans ma capacité à poser le pied à plat sur le sol, la reprise progressive de mon appui et l’abandon des béquilles n’est pas envisageable.

J’ai d’ailleurs sacrément fait chier le radiologue que j’ai vu quelques minutes avant mon rendez-vous avec le chirurgien pour un cliché de contrôle. «Posez le pied par terre et restez bien immobile». Parfaitement impossible, il se retrouve à changer l’intégralité de sa machine de sens pour réussir à faire une radio de ma cheville droite. C’est là que je prends réellement conscience que ce n’est vraiment pas normal et surtout que je découvre que j’ai pas moins de cinq vis énormes dans le petit espace de mon talon. Merci l’ostéotomie.

Je repars donc de la Clinique avec une prescription de Lamaline (antalgique à base d’opium) et Biprofenid (anti-inflammatoire), des séances de kiné à faire au plus vite pour récupérer l’amplitude de mon pied, un regard compatissant de la secrétaire médicale en voyant le verdict et quand même quelques larmes que je cache comme je peux derrière mes cheveux dans le hall en attendant mon taxi.

Malgré toutes les lectures que j’ai pu faire sur le web à propos de cette maladie, je crois que je ne réalise pas à ce moment dans quoi je suis embarquée malgré moi…

Pour lire la suite, c’est ici.

Presque la trentaine, algodystrophiée de la cheville since 2017.
5 commentaires
  1. Merci. Tu mets sur papier une histoire qui est semblable. Au plaisir de partager avec toi, si tu en as envie.

    1. Merci beaucoup Mélissa !
      Je serai ravie que tu me partages ton histoire, c’est exactement la raison d’être de ce blog ^^
      Alors n’hésite pas !

  2. Je me reconnais dans ton histoire.. algo pied droit depuis 1 an et demi, toujours pas de guerison mais y’a de l’amelioration.. mais pareil entorse banale du 2ème doigt de pied en me retournant l’orteil en descendant d’un velo elliptique.. strap mais entorse mal soigné en reforçant dessus.. et j’en vois toujours pas le bout.. courage !

    1. Merci pour ton témoignage. C’est quand même vraiment fou ce qu’une seconde en descendant d’un vélo elliptique peut avoir comme conséquences…
      Quand tu dis que tu n’en voies pas le bout, où en est-tu aujourd’hui au niveau des douleurs, de la mobilité, de tes soins et de ton travail ?
      Et le moral aussi car c’est vraiment important ?

      1. Je pense c’est surtout que j’ai pris cette entorse à la legère et je l’ai mal soigné comme j’ai pris 3 jours d’arrêts.. je faisais de la mise en rayon avant du coup mais à mon boulot ils ne m’ont pas aidé et me faisais faire beaucoup de marches malgré ma boiterie et mes douleurs..

        Maintenant ça ne m’empêche plus de vivre, bien sure la marche longue, les vacances, aller à disney, le sport je ne peux plus en faire, pourtant j’étais sportive.. mais bon je continue de voir mes amies, et garder le morale.. avoir un boulot et voir des gens m’aident beaucoup aussi..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *