Silence radio

Depuis quelques semaines, c’était silence radio par ici. Non pas que mes journées aient été particulièrement remplies par de nombreuses activités ou que mon envie d’écrire se soit réduite mais le constat est assez simple : je ne savais plus quelle facette de ma maladie raconter.

Pourquoi ce moment « page blanche » ? J’y ai pas mal réfléchi depuis et voici les conclusions que j’ai tirées de cette introspection sur mon algodystrophie et mon rapport à l’écriture.

Tout d’abord, et de manière peut-être assez anecdotique, à cause d’une question de timing et de la mise en place d’une nouvelle routine de soins qui a pris du temps à faire ces preuves. Les détails pourront faire l’objet d’un autre post si ça peut en intéresser certain.e.s. Dans l’attente de voir ce que cette prise en charge allait donner, il ne me semblait par pertinent d’en dévoiler le contenu sans l’accompagner d’un véritable retour d’expérience.

Ensuite et surtout, à cause de cet immense palier que je viens de vivre. Même si j’ai fait quelques progrès pendant cette période de silence et que j’ai réussi notamment à cocher une belle partie de la liste de mes envies, le ressenti était tout autre.

En effet, comme c’était à prévoir, les premières semaines d’algodystrophie avaient été compliquées, douloureuses et fatigantes mais aussi remplies de petites victoires et de progrès très palpables. Ce n’était plus le cas ces derniers temps. Certaines journées me permettaient de faire pas loin d’un kilomètre en béquilles sans la moindre gêne quand d’autres ne me laissaient pas sans douleurs après quelques pas dans mon appartement. Comme un va et vient de jours avec et de jours sans qui m’empêchaient de voir une réelle progression. Et le moral a suivi le même mouvement.

Ne rien voir de meilleur se profiler a été assez difficile à surmonter. J’ai alors un peu baissé les bras, sur tout. Les petites joies que je n’arrivais pas à apprécier, les moments sans douleurs pendant lesquels j’anticipais le retour de la souffrance, le blog qui ne m’apportait même pas le réconfort habituel…

Enfin, parce que j’ai «fêté» mes six mois d’algo et que ça a été un cap compliqué à passer. Moi qui suis, en toutes autres circonstances, complètement fan des « anniversaires » quitte à célébrer tout et n’importe quoi, cette date n’a clairement pas été joyeuse. Particulièrement parce que « six mois » est la peine minimum qui m’avait été annoncée depuis le diagnostic de mon algodystrophie. «Pour s’en sortir, c’est au moins 6 mois ». Que cet anniversaire tombe en plein dans une période si complexe n’a pas été simple à digérer. J’ai beaucoup ruminé le fait que j’avais dépassé ce cap en étant dans un état physique pas si éloigné que le jour de l’annonce par le chirurgien. Je voulais batte le record de rémission d’algodystrophie et je me suis pris en pleine face que c’était absolument pas le cas. Adieu le Guinness Book des records !

Bref, les dernières semaines n’auront pas été aussi calmes que le laissait penser le vide de publications par ici, mais au contraire, un sacré tourbillon d’émotions, souvent négatives.

Finalement, ces deux derniers mois ont été riches en déceptions, en stagnation et en remise en question, mais aujourd’hui je reprends le dessus. Parce que mon optimisme naturel refait surface, parce que les progrès se font enfin ressentir. Parce qu’après la pluie, le beau temps.

A suivre…

Presque la trentaine, algodystrophiée de la cheville since 2017.
Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *